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Aujourd’hui, force est de constater que ce qui distinguait la JSK du reste des clubs algériens n’éxiste plus. Posons-nous un seul instant cette question : qu’est-ce qui a fait que la JSK est devenue ce monument du football algérien et africain ? Si on s’amusait à répondre de façon exhaustive à cette question, on remplirait des pages entières de facteurs, conditions et raisons. Moi, je me limitrai à seulement à trois éléments :
1- L’aspect identitaire. Avant toute chose, c’est ce point sensible qu’est l’identité amazighe qui fut le cœur battant de la JSK… la locomotive qui tirait les wagons. La JSK doit sa popularité au fait qu’elle a été le vecteur de la revendication amazighe chère à chacun d’entre nous et qui nous pousse instinctivement à vouer un amour inégalable pour ce club. Cette revendication suscitait alors un esprit « révolutionnaire » chez des joueurs qui n’ont pas hésité à donner de leur personne en bravant toutes sortes de dangers, provocations et intimidations uniquement pour défendre courageusement les couleurs du maillot qu’ils portaient. On assistait alors à un phénomène inverse : plus la JSK était victime de la haine et des coups bas, plus son équipe écrasait tout sur son passage tel un rouleau compresseur. Aujourd’hui, quand on écoute les témoignages et anecdotes des anciennes gloires de la JSK à ce sujet (Dali, Iboud, Belahcène, Makri, Menad, Saïb, Amara… etc.), on se demande si les actuels joueurs du club oseraient mettre ne serait-ce qu’un pied dans ces atmosphères de guet-apens.
2- El-herma et le Nif. Ces deux qualités caractérisent la personne Kabyle qui se respecte, un héritage dont est fier le père quand il réussit à les inculquer à son enfant, car étant les traits distinctifs de ce qu’on appelle "tirugza". Ces deux qualités devraient empêcher de voir quelqu’un d’autre qu’un vrai ARGAZ prendre les destinés d’un club porte-flambeau d’une culture ancestrale. C’est ainsi que, figures emblématiques, feu Abdelkader KHALEF et BENKACI ont su comment tenir ce rôle délicat qu’est de représenter dignement un peuple fier pendant les années de plomb. Aujourd’hui, quand on jette un coup d’œil sur la personne qui occupe le siège de président, on se rend compte avec amertume que ces deux qualités ne font malheureusement plus partie du profil éxigé pour occuper ce poste.
3- Rigueur. Je trouve que ce mot est magique, n’es-ce pas ? À lui seul il englobe à la fois le sérieux, le travail, la conscience et la discipline. Cette rigueur a fait que chacun, du simple portier au président du club, fasse son travail dans les détails les plus fins. On assistait alors à une répartition et, surtout, à une spécialisation des tâches. Chacun savait et faisait son travail sans qu’il soit importuné par une ingérence quelle qu’elle soit, de qui que ce soit. Chacun œuvrait à garantir le respect d’autrui. Aujourd’hui, non seulement on ne voit plus cette rigueur, mais en plus on voit des personnes étrangères au club fourrer leur nez dans tout ce qui se passe de près ou de loin dans le club.
Que reste-t-il de cette JSK, celle du reflet de la Kabylie, cette Kabylie qui fut jadis berceau de la fierté et du courage ? Est-t-il trop tard pour rattraper le temps perdu ? Pouvons-nous encore recoller les morceaux ? Ces questions, pour le moment, restent sans réponses.
Avant de rééduquer un corps malade, il faut d’abord le débarrasser du mal qui le ronge. |