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La JSK, éliminée de la Ligue des champions d’Afrique après une participation pour le moins laborieuse, ne semble pas satisfaire ses sincères supporters qui n’ont pas été au rendez-vous jeudi au stade du 1er-Novembre.
Logique, vu les derniers événements qu’a connus le club de la Kabylie, notamment le départ du coach français Jean-Yves Chay, que tout le monde en Kabylie appréciait pour avoir emmené les Canaris jusqu’aux quarts de finale de la prestigieuse compétition africaine. Les retrouvailles jeudi au stade du 1er-Novembre de Tizi Ouzou à l’occasion du match face au Paradou AC n’ont pas tenu toutes leurs promesses en matière d’affluence. En effet, pour ce retour au bercail, Hamlaoui et ses camarades ne s’attendaient pas à des gradins aussi clairsemés (3 000 supporters au plus). Un “record” pour la JSK qui a l’habitude de drainer la grande foule, même lorsqu’elle est mal en point. Cela dit, le boycott des supporters était à la limite prévisible puisque face au Ahly du Caire, il y avait à peine mille supporters au stade du 5-Juillet pour le match de Ligue des champions. Mais la direction du club, au lieu de tenir un langage franc à l’égard des supporters, n’a pas trouvé mieux que de chrcher des boucs émissaires, à commencer par la presse.
Il était 13h30 à Tizi Ouzou. Aux alentours du stade, il y avait quelques supporters, au nombre de cinquante, qui se “bousculaient” devant la porte du stade. Il restait une heure et demie pour le début de la rencontre et toujours le même constat : 3 000 supporters dans les gradins. De l’autre côté, on a retrouvé quelques fans venus juste pour crier leur colère contre la situation que traverse leur club. Sans qu’ils soient entendus. C’est le cas de Hocine. Ce dernier, qui a fait une quarantaine de kilomètres pour arriver à Tizi Ouzou, est venu pour dénoncer. Les supporters ont expliqué leur refus de venir soutenir leur équipe de toujours par le fait que la politique prônée par le club n’est plus en accord avec leurs convictions. Ces quelques supporters ont également profité de ce match face au PAC, qui coïncide avec le retour des Canaris chez eux, pour fustiger la politique de non-communication du club, celle des transferts à coups de tapage médiatique qui “amadouent les supporters”. D’ailleurs, ces supporters n’ont pas du tout apprécié le comportement de certains dirigeants, qu’ils ont qualifiés de “parvenus”, et celui de quelques joueurs à l’égard de supporters passionnés. Ils estiment en somme qu’“il y a une volonté d’extirper la JSK de ses racines”. Du coup, hier, on ne les a pas entendus. Les supporters ont tout simplement décidé de se faire violence en boycottant leur chère équipe. Preuve que le torchon brûle entre les dirigeants kabyles et les fidèles supporters. “C’est incroyable ! L’élimination en quart de finale et la défaite face à Sfax à domicile étaient prévisibles. Puisque la direction a décidé de laisser tomber un entraîneur qui a fait du bon travail. Je parle de Chay qui a failli y laisser sa vie pour cette équipe qu’on a préféré sacrifier. C’est inadmissible, on ne se taira pas cette fois. On a longtemps cru aux promesses des dirigeants, mais il se trouve que depuis quelque temps, rien n’a été fait pour que la JSK puisse reprendre son envergure internationale. Où sont passés les Amara, Sadmi, Adghigh, Bahbouh, Iboud, Benhemlat et Menad ? La JSK mérite mieux !” s’est exclamé Hocine, plein de soupirs. Lors de la première période, on s’attendait à ce que les supporters fassent leur entrée lors de la seconde mi-temps, mais c’était la même chose. Les gradins sont restés affreusement vides malgré l’ouverture des portes au public (entrèe gratuite) qui a tout simplement refusé d’entrer en guise de protestation. De son côté, Hakim, habitant du quartier des Genêts, n’est pas allé avec le dos de la cuillère pour dire que la JSK est aujourd’hui otage d’une gestion catastrophique, avant de faire appel aux anciens pour s’impliquer afin d’essayer de sauver les meubles. “C’est clair, aujourd’hui, si on se tait, c’est qu’on est complices. Je lance un appel à toutes les figures qui ont fait l’histoire de ce grand club, un symbole de toute une région, de se mobiliser pour rendre à la JS Kabylie toute sa grandeur et son prestige. Où va la JSK ?” s’est interrogé Hakim. “Où va la JSK ?”
Une question qu’il y a lieu de poser puisque les nombreuses personnes présentes sur les lieux ont toutes fait part de la même interrogation : “Où va la JSK ?” Une riposte des supporters qui voient aujourd’hui leur symbole subtilisé à d’autres fins, comme nous l’a déclaré Achour, les larmes aux yeux : “On n’arrive même pas à gagner une équipe comme le PAC qui est à ses premiers pas en première division. Si ce n’est pas le PAC qui se porte bien, alors c’est la JSK qui va mal.” En tout cas, le retour des Canaris n’a pas été un événement dans la capitale du Djurdjura. C’était comme les autres jours ordinaires où toute la ville est plongée dans son quotidien habituel. Enfin, les fans n’ont pas manqué de faire part de leur soutien à la presse, que la direction du club accuse d’être à l’origine des mauvais résultats de l’équipe. “Ils (les dirigeants) doivent se remettre en cause et cesser de jeter la balle à d’autres. Aujourd’hui, c’est la réalité d’une équipe dirigeante incapable de gérer un club de la trempe de la JSK”, nous a déclaré un ancien footballeur de la JSK sous le couvert de l’anonymat. En somme, la JSK risque aux yeux de ses fidèles supporters de connaître sa plus pénible période depuis plus d’une décennie. Une chose est sûre : les fans décident de ne plus se taire et de faire entendre leur voix par la meilleure des façons. Le boycott. Les prochaines sorties des Canaris s’annoncent de plus en plus difficiles pour une équipe qui n’arrive plus à drainer la grande foule. |