Partie III: Rachid DALI et la JSK
Dans cette troisième partie notre reportage, Rachid DALI aborde sa carrière à la JS Kabylie. Les moments forts, les plus beaux buts, les personnages qui l’ont marqué et l’incroyable courage et détermination de toute une génération de joueurs qui portaient haut les couleurs de la Kabylie.
| Durant toutes les années passées à la JSK, Dali a toujours résidé à Alger, ville qu'il aimait surtout pour la mer qui lui rappelait Bgayet. Il n'était pas le seul joueur dans ce cas: Aouis, Larbès, Barris dont il était derrière la venue à la JSK y résidaient également. Il se souvient d’ailleurs du trajet Alger-Tizi-Alger à bord d'une 404 familiale conduite par le chauffeur Bouzid, dit la Buse, originaire de Laqser que les joueurs aimaient et taquinaient souvent. Pour Dali, ce temps est révolu : « avant les joueurs de la JSK jouaient avec cœur et amour ...» - « et aujourd'hui ? », enchainera Jaune_et_vert. - Dali répondit : « amliyi-d anwa aqbayli ig la3ben di la JSK tura ? » Il ajoutera avec une pointe de regret: « Aujourd'hui il faut casquer pour les joueurs, les ramener d'ici et d’ailleurs, contrairement à mon temps où il n'y avait ni transferts, ni argent ». A une question sur un certain match face à l’USM Bel-Abbes, Dali décrira l’ambiance dans laquelle évoluait la JSK à l’époque : « ... un climat hostile, une pression terrible... un calvaire comme à chaque rencontre d'ailleurs mais ce jour là, la JSK a faillit être lynchée par un public déchainé...». | | Malgré cela, la JSK quittait Bel-Abbes escortée par la police avec en main une victoire de 1 à 0 (but inscrit par Dali) dans ses bagages. Il était fier de ce but qui en disait beaucoup sur le courage des joueurs de la JSK de l’époque qui étaient déterminés qu'importe l'adversaire ou l'environnement où se déroulait la rencontre. En guise d'anecdote, Dali s'est rappelé qu’au cours de la mêlée entre joueurs, Larbès Salah a poursuivi un joueur de Bel Abbes jusque dans les vestiaires sans s’en rendre compte. Larbès continua quand même sa poursuite et se fit tabasser nous raconte Dali avec un éclat de rire. | | - « Qu'est ce qui s'est passé au retour ? » avons-nous demandé. Dali sourit et raconte l'accueil chaleureux qu’a réservé la JSK à son adversaire, sans aucune rancune. Khalef Abdelkader a fait en sorte que l'adversaire se sente chez lui en Kabylie. Un fair-play total sur le terrain et 4 buts dans les filets de bel-Abbes à la fin de la rencontre. Rachid n'oublie pas de rappeler qu'à la fin de la saison Bel-Abbes a respecté l'éthique sportive et a battu le NAHD 3 buts à 0, ce qui a permis à la JSK (qui avait battu le CRB 3 buts à 1) de remporter son premier championnat d’Algérie avec un point d'avance sur le NAHD | | Durant toute la discussion, le sourire n'a pas quitté le visage de Dali. Il enchaine spontanément sur ce but d'anthologie qu’il a marqué contre le MCA au 5 juillet. Il refait même la séquence du but devant nous autour de la table! « Voilà » dit-il, « ...j'ai fais semblant de tirer trois fois de suite et le joueur du MCA se cachait le visage avec les bras du coup, j'ai armé mon tir et ... but ! ». Ce tir puissant et rageur des 40 mètres ira se planter directement au fond des filets du gardien Kaoua qui n'a rien vu sur l’occasion. Rachid regrette qu'on n'ait pas pu filmer puis archiver ce superbe but pour le revoir. | | Marquer des buts était son rôle et le métier qu'il aimait faire nous dira Dali. Qu'importe le gardien, il leur a tous planté au moins un but. Nous en profitions pour lui parler de Attouga ce fameux gardien de but tunisien qui énervait les attaquants surtout algériens. - « Quel était l'impact de ce gardien sur la JSK de Dali pendant la coupe d'Afrique du nord? » - « Oh! Rien. Je lui ai marqué un but de toute façon » lâche t-il avec un haussement d'épaule déclenchant un éclat de rire général. On ne peut s'empêcher de lui rappeler que la JSK a été éliminée. - Dali répondra avec un pincement au cœur : « Oui !... mais je lui ai marqué un but quand même à ce Attouga… »
| Voulant en savoir plus sur le président Khalef Abdelkader dont on comparait la rigueur à celle d’un militaire, Dali nous dira : « ce sont des gens qui ont travaillé pendant la Révolution » et il continuera à propos de Khalef Abdelkader: « il avait un pouvoir. D'argaz ! C’est un homme, qui a tout fait et a donné à la JSK, c'est grâce à lui que JSK est ce qu'elle est ». Etant donné ce qui se passe aujourd'hui au niveau des clubs, nous avons voulu savoir s'il y avait une concurrence ou de l'animosité entre l'ancien président Abtouche et son successeur, Khalef. Dali insiste qu'il n'y avait rien entre eux. Succession en douceur, pourrait-on dire. A propos des joueurs qui l’ont marqué à la JSK, il commence par « je rends hommage à Mustapha Anane qui travaillait bien, sur le terrain». Il rappelle aussi que « Hannachi quand il était joueur se donnait à fond, il jouait pour les couleurs, D’argaz ». Il évoque aussi Amrous "lah yarhmou" et enfin Younsi. Mais le moment le plus émouvant c'est lorsqu'on lui parla de Derridj. Il esquissa un grand sourire et sa tête remuait de plaisir dans tous les sens. Nous sentions qu'il se souvenait des moments qu'ils passaient ensemble quand ils recevaient les 100DA de prime de match. Derridj, a-t-on appris, aimait agrémenter ses sorties en prenant un coup quand l'occasion se présentait. Complice sur le terrain mais aussi en dehors du terrain ajoute-t-il. A la question de savoir si c'était Derridj qui lui envoyait des centres dans les 18 m pour marquer, il nous dira que c'était plutôt Iboud, arrière droit à l'époque. Trente quatre ans après, tout en parlant d’Iboud, il accompagne ses propos de gestes de la main mimant les ballons qui lui venaient de l'aile droite et esquisse un geste de la tête pour catapulter le ballon dans les filets. Sacré Dali ! On imagine bien les rêves mais aussi la frustration de ne pas pouvoir taper dans un ballon aujourd’hui. Il rappelle la bonne détente qu'il possédait et qui lui permettait de marquer. Il n'oublie pas, pour finir, de citer Larbès sur la gauche bien entendu. | | Le dernier match de Rachid Dali sous les couleurs de la JSK : la fameuse finale de coupe d’Algérie de 1977. Il ne jouera qu’une partie de la deuxième mi-temps de ce match mythique .Ainsi en a décidé Khalef Mahiedine entraineur de la JSK à l’époque: « il faut se soumettre à la discipline de groupe ». A trente ans, Dali s'est dit que c'était un privilège d'être présent à la finale même sans être titulaire. Pour un attaquant, il reconnait aussi que son physique n'était pas au top. Il a accepté son statut de remplaçant sans rechigner. .
| Voir le temple du 5 juillet plein à craquer pour cette finale inoubliable où la JSK brandissait sa première coupe d'Algérie est une récompense. C'était le dernier match de Dali avec la JSK. Rachid aura commencé et terminé son parcours à la JSK en jouant face au NAHD: drôle de coïncidence.
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